Ce matin du 5 juin, une bien triste nouvelle arrive à nos oreilles : Jean Roure n’est plus. Pour les plus jeunes d’entre nous et bon nombre d’adultes, il faut expliquer que Jean Roure n’est pas que le nom d’un gymnase des Pennes Mirabeau, il y avait derrière un homme, un grand de la course à pied comme on n’en fait pratiquement plus. Il a fondé l’Amicale des Pennes Mirabeau en 1978 et en était encore président d’honneur. La première course féminine en France, c’est lui qui l’organise en 1982. Pour lui, la course à pied n’était pas un sport individuel mais un plaisir d’équipe. Il a inventé le mot de « courir au naturel » pour expliquer que chacun peut courir selon son propre rythme et que chaque participant mérite tout autant que les plus grands champions. L’école d’athlétisme, le cross des scoubidous, on les doit également à Jean Roure. Quel personnage, découvreur de talents sportifs, de nouveaux sentiers, amoureux de la vraie vie toute simple, loin des honneurs et des flonflons. Je me souviens qu’il n’était pas toujours enthousiaste quand on voulait faire un article sur lui : « ce n’est pas moi, c’est toute une équipe, c’est l’Amicale qu’il faut honorer ! » Les 100 km Alpes Méditerranée, qui relient Manosque aux Pennes, c’est lui également. On se reportera avec intérêt à son ouvrage « la belle histoire du sport et de l’amitié aux Pennes Mirabeau » où on peut savourer maintes anecdotes sur sa vie. Pour un amicaliste sur trois en 2019, c’est « celui qui nous a appris à courir !  » Les 50 km de Montelimar en 1984, avec Amédée et Guy Bouchard, c’était lui également. Il est parti sans bruit hier soir. Les Amicalistes, et au delà toute une ville ne l’oublieront jamais. De là où il est désormais, il nous observe, et n’hésitera pas à froncer les sourcils si on emploie trop de superlatifs en parlant de lui, qui était si modeste et humble. Et pourtant si grand ! Adieu, Jean! On continue à courir au naturel en ton honneur.